mardi 10 janvier 2012

lâcher de chants (suite...)

Finalement, après discussions et sondages auprès de mes ami(e)s-collègues-chanteurs de Dastum qui me semblent indispensables au bon déroulement de l'événement, le projet du lâcher de chants changera de date. En effet 2012 étant une année anniversaire (40 ans pour Dastum, 20 ans pour Dastum 44), la journée du patrimoine était déjà prise... Je vous tiens au courant.

samedi 24 décembre 2011

Lâcher de chants

Au Rendez-vous des Chanteurs, Au Relais des chanteurs... des idées pour des enseignes de bar ou de café ?
Non, pas pour cette fois. Il s'agirait d'organiser un événement à La Roche-Bernard, à l'occasion de la fête du patrimoine les 15 et 16 septembre 2012 où les chanteurs se " passeraient le relais ". Le répertoire serait imposé et le but d'interpréter l'intégrale des chants publiés dans les trois volumes d' Instants de mémoire.
L'objectif de cet événement est bien sûr de relâcher ces chants dans leur milieu naturel : la mémoire collective. Pour cette opération " lâcher de chants ", nous avons besoin de chanteurs gonflés (à l'hélium) pour pouvoir porter haut la voix et les choeurs. Il faudra aussi quelques accordéonistes, une petite partie de la collecte étant " instrumentale ".
Côté pratique : il y a environ 500 chants, ce qui représente une vingtaine d'heures. Il nous faut donc être beaucoup. Il faut organiser (qui chante quoi et quand). Je propose de m'occuper de cette gestion en ouvrant courant janvier une page dédiée à cela sur le site de Musique Sauvage - www.musique-sauvage.org. Une petite sono sera à disposition avec deux micros. Si je n'exclus pas les ensembles musicaux (il est toujours possible de proposer des duos, des trios...), il faudra que le tout se déroule sans temps mort: donc pas le temps pour des balances !
N'hésitez pas d'ores et déjà à vous manifester (musique.sauvage@orange.fr) si l'idée vous plaît. Nul besoin d'être chanteur ou musicien patenté pour ce faire.

vendredi 2 décembre 2011

Meurtres en série à Kerio



J'ai remarqué, en consultant les statistiques de ce blog, que les pages les plus lues sont celles qui font référence au mystère (le mystère des garrets) ou à la légende de la mort, pour reprendre l'expression d'Anatole Le Braz. Je vais donc en rajouter aujourd'hui avec "Meurtres en série à Kerio"...
Je vous ai déjà évoqué la grande maison de Kerio que j'avais visitée un peu clandestinement, armé d'un mini-Kodak. Voici donc, en préambule, deux autres clichés tirés de ma besace de chasseur d'antiquités locales. Lors de mes enquêtes orales, j'avais retrouvé des bribes d'une légende dont le décor était ce manoir. Je vous les livre toutes crues :
" Barbe Bleue… à Kerio… il a tué sept femmes. Moi, j’ai vu la tour, y’a même le sang dedans ; y’a la main sur le mur. Je ne sais pas si elle existe encore. Il avait tué sept femmes ; Alors y’avait un crochet, là ( à peu près à hauteur d’homme dans le mur) et puis un grand bassin comme ça… en cuivre. Ils (les propriétaires de la maison) ne voulaient pas que (nous regardions)… ils nous avaient laissés (regarder), nous. J’étais à battre… on voyait les mains toutes pleines de sang (la marque des mains sur le mur). /…/ Y’a de l’argent de caché là-dedans… dans l’mur. Dans un coin de mur, à deux mètres de haut. » (Notes à Férel)
Ce qu'il ne faut pas faire pour faire monter la popularité d'un blog !

mardi 8 novembre 2011

Le volume 3 va sortir !


J'ai achevé la rédaction du volume 3 de Instants de Mémoire consacré aux chants et musiques : plus de 200 chants cette fois, ce qui porte à plus de 500 le nombre de chants publiés à ce jour.
Hier matin, je suis passé voir Marie au P'tit Bézo pour une ultime vérification. J'y ai glané encore, au milieu des explications sur les chants, quelques mots gallos inconnus... intarissable Marie !
La sortie officielle se fera à la Chapelle Notre-Dame à La Roche-Bernard le samedi 17 décembre à 20h 30 avec Rachel Goodwin au piano, Joël Bosc, mon compère au chant et le choeur Résonances sous la direction d'Anne-Françoise Le Net, qui a accepté, j'en suis très honoré !, de m'accompagner à nouveau dans ce concert-signature.

Le concert du 17 décembre s'inscrit dans un festival de concert à La Roche-Bernard avec des musiciens rochois : l'excellentissime duo Timothée Le Net (accordéon) accompagné de Martin Chapron (bouzouki, guitare) à l'église Saint-Michel le jeudi 16 décembre et l'ensemble choral de La Roche-Bernard à l'église Saint-Michel le dimanche 19 décembre.

lundi 10 octobre 2011

Nouvelles fraîches de saison

Quelques nouvelles d'octobre lues dans les journaux locaux... histoire de faire plus "léger" après tous ces messages sérieux.

"Une bourrasque de vent et de pluie a fait rage sur la contrée et contrarié préjudiciablement la foire de la saint Matthieu - la plus grande foire de l'année à La Roche-Bernard. Malgré cela un certain nombre de bestiaux ont été amenés et se sont bien vendus.
Dans le pays vignoble du canton, à Pénestin, l'indécence de la saison gêne les vendanges qui sont commencées depuis quelques jours et activement poussées.
"
Le Courrier Morbihannais, édition du 3 octobre 1896.

La Société Vélocipédique formée à La Roche-Bernard sous le nom de "Pédale Rochoise" /.../ est définitivement constituée (par) autorisation de la préfecture du 4 août 1898.
Le Nouvelliste du Morbihan, édition du 23 octobre 1898

Férel
Les frères G.*, Jean et Joseph exploitaient une ferme à Férel et vivaient en paix, lorsque l'idée leur vint de se marier.
A partir de ce jour, le diable entra dans la ferme ; les deux belles-soeurs ne cessaient de se quereller et, la femme (de) Jean s'armant d'un fouet en frappa la femme (de) Joseph, puis saisissant un seau plein d'eau lui en vida le contenu sur le dos.
A la suite de ces faits, les frères G. ont décidé de se séparer, ils vont résilier leur bail et s'en iront chacun de leur côté.
Jeanne C., femme G., a été en attendant, condamnée à 16 francs d'amende.

Le Nouvelliste du Morbihan, 1898

* Le nom de famille était entièrement cité dans l'article...

dimanche 4 septembre 2011

Cours de palais (3)


Troisième version : celle de Pierre-Marie Pédron de Duret en Herbignac qui nous a appris cette version en février 1976. Pierre-Marie était un bon chanteur, qui ne s'est pas fait prier, et qui possédait quelques perles rares dans son répertoire. Je ne pense donc pas qu'il faille attribuer à une défaillance, une quelconque incompétence, l'originalité mélodique de sa version de "A la cour du palais".

- Première partie : c'est la même que les précédentes.
- Seconde partie : passage très franc et répété tout au long des couplets en majeur avec une variation mélodique qui le souligne bien, en enlevant l'ambigüité de la seconde version de Pénestin.

Alors ?... Alors?... Je vous préviens tout de suite, je ne vais pas vous donner d'explications pour la bonne raison que je n'en ai pas vraiment ! Je me contenterai de partager avec vous les quelques réflexions que m'ont inspiré ces trois versions du chant.

J'aurais pu vous entretenir (comme certains, j'en suis sûr l'attendaient) sur l'utilisation des modes par les chanteurs traditionnels. C'est peu dire que cette question est... à la mode. La lecture d'un très bel article de Françoise Etay sur la pratique des joueurs de violons du Limousin m'en a dissuadé depuis belle lurette (ceux que la problématique intéresse feront donc le détour par : Françoise Etay, "Au delà du répertoire, le style - violon traditionnel en Auvergne et en Limousin" in Modal, le violon populaire, FAMDT, Courlay, 2003, où elle intègre la théorie des modes à degrés mobiles de Constantin Brailoiu sur le jeu desdits violoneux). Autant tout de suite reconnaître ses limites, cela évite d'écrire des bêtises.
Reconnaître ce genre de limites m'aide aussi à me positionner :
"L'enquête n'est pas le collectage. Le collectage, cela consiste à parcourir les campagnes pour recueillir des répertoires (chansons, musiques, danses, récits) /.../ le but de l'enquête, c'est de comprendre le pourquoi et le comment de ces répertoires." nous dit Yves Guilcher, La danse traditionnelle en France, Courlay, 2001, p. 21. Le lecteur de ce blog devra donc, à partir de maintenant me considérer comme simple collecteur.

- Maintenant que je ne suis donc que collecteur (ouf !), je peux donc comparer (ça j'ai le droit). Or, nous avons pu retrouver trois versions de ce chant, sans parler de toutes les autres qui nous sont passées à côté, le tout dans une toute petite région. Le collecteur est en devoir de se poser le problème de la fiabilité de ses sources. Les chanteuses et chanteurs étaient âgés, ils n'avaient pas pratiqué depuis des décennies, nous sommes arrivés bien après le déclin de la société qui cultivait et faisait vivre ces chants, etc. et, sans compter que (c'est encore une idée de Yves Guilcher que j'ai déjà exploitée dans ce blog), moins il reste d'informateurs, plus le collecteur trouve de versions différentes. Soit et certes, je suis d'accord, je l'ai déjà dit.
A moins que ce ne fût la norme : chaque bon et vrai chanteur développant un style, une manière différente. Après tout, les nombreuses variations mélodiques inventées sur place par certains chanteurs de nos informateurs seraient là pour le prouver.
Mais, et c'est là où cela devient intéressant, quelques chansons, particulières sans doute, amenaient systématiquement les chanteurs à des variations tonales/modales du style de celles évoquées plus haut. Ainsi, la chanson "C'est une fille de quinze ans" que j'ai collectée à Marzan puis à Péaule auprès de deux chanteuses qui ne se connaissaient pas mais qui l'interprétèrent de la même façon (changement dans la seconde partie où on passe de sol mineur - hauteur relative qui ne tient pas compte du ton original - à une sorte de sol majeur avec le do un peu haussé). Voir : Hervé Dréan, Instants de Mémoire - vol 2, Mérignac, 2011, pp. 45 et 46. Alors... Vous pouvez maintenant reprendre le début de ce message à partir du troisième paragraphe.

mercredi 17 août 2011

Cours de palais (2)


Reprenons, maintenant que vous connaissez la version d'Edouard Huguet indiquée par commodité "de base". Passons à celle, intermédiaire, d'un chanteur de Pénestin dont je n'ai pas noté le nom, enregistré en décembre 1975. La première phrase musicale est, à quelques notes près, la même. La seconde fait apparaître une hésitation sur le do (noté ici #) qui fut chanté "un peu haut" pour une oreille classiquement formatée. Certes, ce ne fut pas constant chez ce chanteur qui n'a pas interprété un do franchement "haut" tout au long de la chanson, mais tout de même, je le sens comme attiré vers cette note.
A très bientôt pour la troisième version, celle de Pierre-Marie Pédron de Duret en Herbignac...