Dimanche, discussion au soleil auprès d'une chapelle pas très loin d'où j'habite. L'homme avec qui je parle était fermier sur des terres qui ont vu se dérouler une part importante de notre mémoire locale. Des bâtiments jadis le cœur d'une histoire, il ne reste aujourd'hui plus rien, que quelques fondations. "J'ai veillé à les préserver, me dit-il, lorsque j'y étais fermier, et mes parents et grands-parents avant moi". Il parle dans un langage châtié. "Je connais l'histoire du lieu et j'ai lu... (il cite ici la publication qui fait effectivement autorité)." Il sait. Il cultive son jardin d'histoire. La discussion dérive inévitablement sur le Pertus du Roffo. Le lieu qu'"on" veut vendre, qu'on tente de soustraire à la mémoire collective. Il poursuit : "Si Gilbert (Tendron) avait été là, ça ne se serait pas passé comme ça !". Il n'est pas le premier qui me le dit. Gilbert, qui est décédé il n'y a pas si longtemps, me fait l'impression d'avoir été une figure de gardien, quelqu'un a qui l'on confiait la protection de la mémoire nivillacoise.
Mais qui aujourd'hui va reprendre le poste du gardien à Nivillac ? Et d'ailleurs, faut-il "un" gardien ? parce que c'est trop commode après tout ! "On" se décharge sur celui ou celle qui va, bien seul souvent, "s'en occuper" (et je sais de quoi je parle, je me suis fait enfermer dans cette boîte bien souvent). La mémoire et l'entretien de ses lieux est avant tout collective, il me semble. Une gestion collective éviterait peut-être la prolifération de certaines dérives, des oublis, du désintérêt, de l'ennui... tous ces fruits épars et empoisonnés de l'ignorance.
lundi 16 mai 2011
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2 commentaires:
Effectivement, si nous passions d'une conscience de spécialistes (en général, des empêcheurs de tourner en rond) à une conscience collective, nous deviendrions tous spécialistes, et il n'y en aurait plus besoin !
indeed !
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